Dossier Solucom (1ère partie)
Virtualisation et cloud computing : jusqu’où aller ?
Virtualisation et cloud computing : tendance de fond inexorable ou effet de mode ? Nouveauté révolutionnaire ou résultat d’un long processus qui arrive à un jalon emblématique et « marketable » ? Qu’est ce que la virtualisation et le cloud computing changent aujourd’hui et changeront demain pour les DSI, dans leur rôle, leur organisation, dans leurs relations avec les métiers, le modèle de fourniture et de facturation des services ? Faut-il gérer de nouveaux risques, en accepter certains qu’on ne peut maîtriser, penser ses contrats autrement ? Que gagne-t-on concrètement à mettre ces technologies en place et que risque-t-on de perdre ?
Les réflexions sur la virtualisation jusqu’au cloud computing et vers de nouvelles approches « futuristes » qui semblent avoir en commun un éloignement de l’entreprise des bases physiques de l’informatique et une diffusion vers des sphères invisibles de la réalisation du traitement de l’information.
Quelle définition pragmatique derrière ces buzzwords ?
Virtualisation et cloud computing sont deux termes à la mode, souvent associés, qui renvoient à deux solutions distinctes : le premier dissocie les ressources logiques des ressources physiques afin d’optimiser l’utilisation de ces dernières ; le second vise à mettre à disposition des solutions allant de l’infrastructure à l’application et aux services utilisateurs, grâce à des ressources physiques réparties à travers le monde, accédées à la demande via internet, et dont l’entreprise n’est plus propriétaire.
À partir de 2006, le terme virtualisation s’est installé dans toutes les bouches : toutes les attentions des acteurs de l’écosystème IT sont alors portées sur des solutions virtualisant ou optimisant la virtualisation. Jusqu’à ce que ce terme perde toute saveur… Même si le mot « virtualisation » n’est pas toujours utilisé, on virtualise de fait le réseau : les Virtual LAN (ou VLAN), les disques, les gestionnaires de volumes disques LVM, les LUN dans un système de stockage disque, les applicatifs (Java Virtual Machine) et même les postes de travail (déport d’écran type Microsoft TSE ou Citrix) depuis longtemps.
Un peu d’histoire
Ce buzz est majoritairement attribuable à l’introduction de solutions de virtualisation de serveurs x86 Windows / Linux autour de 2005/06 dans les data centers des grands comptes, notamment avec l’offre de VMware. Un effet popcorn a conduit, et conduit encore à une explosion du nombre de serveurs, avec les problématiques d’hébergement qui s’en suivent. C’est ainsi que la virtualisation est arrivée en sauveuse : transformer des serveurs physiques en entités logiques, les Virtual Machines, pouvant cohabiter à plusieurs sur un seul serveur physique et de façon quasi-transparente pour les systèmes et applications.
Ce concept est cependant loin d’être nouveau : à la fin des années 1960 sur mainframe, CP/CMSsur IBM S/360 (dont descend l’actuel z/VM) permettait déjà de réaliser cette opération ! Derrière cette grande tendance, une force considérable a poussé les éditeurs, constructeurs et intégrateurs à innover, à tous les niveaux, pour apporter des solutions avec de la valeur pour l’infrastructure du SI.
La virtualisation dans l’infrastructure du SI
Les solutions de virtualisation s’insèrent naturellement dans le modèle Service Oriented Infrastructure (SOI) en entrant dans le portefeuille de moyens techniques permettant d’implémenter la couche dite « ressources ». Cette couche fournit des ressources abstraites pour l’exécution des applications, indépendantes des infrastructures physiques et alignées aux exigences de service.
Cloud computing : le terme marketing de 2010
Le cloud computing, issu de l’image communément adoptée d’un nuage pour représenter internet, notamment pour son caractère impalpable, est la conjonction de deux principes :
- Internet devient le réseau de l’entreprise, permettant aux utilisateurs d’accéder aux ressources du SI ;
- L’entreprise n’est plus propriétaire des solutions, mais s’abonne auprès des fournisseurs de services standardisés sur demande. On accède au SI de n’importe où, le SI lui-même peut être n’importe où : il est centralisé sur internet, mais décentralisé dans le nuage Différentes typologies d’offres sont regroupées derrière ce terme :
- L’Infrastructure as a Serviceou IaaS (serveurs Windows ou Linux, stockage de données) ;
- Les Plateform as a Serviceou PaaS (environnement d’exécution pour le code applicatif) ;
- Les Software as a Service ou SaaS (applications clé en main, type CRM, Messagerie / Collaboratif…). Depuis fin 2008, on assiste au bouillonnement d’annonces autour de ces offres XaaS, et à des réactions très différentes allant de l’enthousiasme exacerbé, au rejet du concept (on se souvient des déclarations de Larry Ellison, CEO d’Oracle, ou encore Richard Stallman). Quoi qu’il en soit, c’est un sujet à aborder avec pragmatisme.
Et le cloud privé ?
C’est une notion intermédiaire qui vise à proposer la souplesse du cloud avec une solution interne (par opposition à internet). Il peut s’appuyer sur des solutions de virtualisation et c’est très souvent le cas (même si les fournisseurs de services cloud s’appuient eux-mêmes souvent sur des technologies de virtualisation, ce n’est pas obligatoire en soi). Il est conçu à l’intention de la performance de l’entreprise, en connaissant ses spécificités et non dans un but mercantile. Il s’agit de concevoir les services, industriels, souples, marketés et tarifés pour elle, dans un langage non plus de techniciens, mais de MOA. La virtualisation est naturellement liée à cette mouvance, dans la mesure où elle permet de fournir des ressources, de l’énergie informatique (par opposition à des solutions techniques), plus simples à standardiser, à industrialiser et à utiliser.
L’avis des DSI sur…
- La virtualisation : les DSI identifient deux apports majeurs de la virtualisation : ––l’optimisation des matériels (rationalisation et standardisation) et les gains économiques qui en découlent ; ––l’amélioration des aspects organisationnels et les processus qu’il est indispensable de définir et fiabiliser. Ces apports sont cependant nuancés par les DSI du fait notamment de l’explosion du nombre de composants qui peut s’ensuivre.
- Le cloud computing : les DSI sont plus circonspects quand au cloud computing qui leur donne l’impression d’une offre peu mature et très marketée. Il y a une attente relativement forte du fait de la flexibilité annoncée mais nuancée par la question cruciale du « comment en revient-on ? ».
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NOUVELLES TECHNOLOGIES
L’engouement du marché pour les solutions de virtualisation a créé une émulation chez les constructeurs qui ont élargi le spectre de leurs offres et ont investi de nouveaux champs techniques, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives pour les années à venir.
VIRTUALISATION DU RESEAU
FCoE (Fiber Channel over Ethernet) Le FCoE est une technologie très récente, consistant à faire transporter le protocole fiber channel du SAN, mais sur l’infrastructure Ethernetdu réseau LAN : la convergence vers un seul réseau dans le data center. Cette pratique est rendue notamment possible avec l’arrivée du 10G Ethernet. Cependant, cela nécessite une évolution des équipements réseaux et de l’organisation, ainsi que de nouveaux standards, permettant également d’introduire des mécanismes de qualité de service entre les flux.
VIRTUALISATION DU STOCKAGE
Thin provisionning Le Thin provisionning est une solution d’optimisation du stockage qui présente l’avantage d’une relative maturité. Elle part du constat suivant : 50 à 60% des espaces disques alloués ne sont pas utilisés. L’idée est alors de rendre virtuel cet espace, en l’allouant non plus directement à la taille cible lors de la création, mais uniquement lors des écritures des données. Il est donc possible d’allouer aux serveurs plus de capacité que de capacité physiquement présente. Cela entraîne de fait des risques en cas de dépassement de l’espace réellement disponible, qui impliquent une complexification de la gestion de la capacité du système de stockage.
Déduplication Partant du constat que la sauvegarde de données entraînait la sauvegarde de multiples blocs identiques, est née l’idée de les rendre logiques. Ainsi, lorsque des données doivent être stockées, elles sont découpées en blocs qui sont identifiés et indexés. Lorsqu’un bloc identique à un précédent apparaît, un lien logique vers le bloc initial est créé, permettant ainsi de ne stocker effectivement qu’une occurrence de chaque bloc. Cette technique permet de gagner au moins de 20 à 50% d’espace disque, suivant notamment le taux de modification des données. Mais attention aux coûts et aux débits avec ce type de solutions.
Stockage linéaire / en grille Le stockage linéaire ou en grille permet la constitution d’une baie de stockage virtuelle à partir d’une grappe de serveurs standards. Les serveurs sont reliés par l’intermédiaire d’un réseau interne et apparaissent comme une baie unique au reste du SI, grâce au logiciel installé sur ces serveurs, virtualisant leur propre stockage. La redondance s’y effectue en écrivant la même information sur au moins deux serveurs distincts. Le recours à des matériels banalisés permet de diminuer les coûts. Les solutions sont très modulaires et permettent d’effectuer des ajouts et retraits à chaud.
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le 21/05/2012 à 03:00